Les industries du textile et du vêtement se sont contractées depuis 1992
MONTREAL (PC) – L’ouverture progressive de la frontière canadienne a fait perdre des plumes aux industries nationales du textile et du vêtement qui ont vu leurs parts de marché et leur main-d’oeuvre diminuer de manière significative depuis une quinzaine d’années.
D’après une étude publiée lundi par Statistique Canada, la part des textiles importés dans le marché canadien est passé de 43 pour cent en 1992 à plus de 60 pour cent l’an dernier. Le bon a été encore plus important dans le secteur du vêtement où les importations sont passées de 35 pour cent à 62 pour cent pendant la même période.
A mesure que les barrières au commerce disparaissaient, “les entreprises canadiennes se sont mises à la recherche de fournisseurs étrangers”, souligne Statistique Canada.
Pendant les années 1990, la forte demande en provenance des Etats-Unis a permis à l’industrie canadienne de se maintenir en dépit d’une concurrence accrue. Selon l’agence fédérale, les industries du textiles et du vêtement sont maintenant en train de se contracter.
L’emploi dans le textile, qui avait continué à croître jusqu’en 2003, a reculé pour la première fois l’an dernier pour se rapprocher de son niveau de 1999.
La situation a été encore pire dans le vêtement, où le nombre d’emplois est passé de 94 000 en 2002 à 71 000 en 2004. Comme on l’a rappelé au moment de la fermeture des usines de Huntingdon Mill et de Cleyn & Tinker, la plupart de ces postes se trouvent au Québec.
La Chine progresse
C’est la Chine qui a le plus profité des changements réglementaires survenus dans le marché du textile et du vêtement depuis 20 ans. L’Empire du milieu a notamment bénéficié de l’élimination graduelle des quotas prévus dans l’Arrangement multifibre. Ce processus entamé au lendemain du Cycle Uruguay s’est achevé le 1er janvier dernier.
Jusqu’en 1999, les importations de textile en provenance de la Chine représentaient environ 9 pour cent des importations totales. Ce pourcentage était passé à 15 pour cent l’an dernier.
Avec des ventes de 800 millions $, le pays représentait en 2004 quelque 9,2 pour cent de la demande totale pour ces produits au Canada.
Les avancées de la Chine ont été encore plus marquées dans le domaine du vêtement. En 1992, les importations venant de ce pays s’établissaient à 571,3 millions $. En 2004, elles avaient quadruplé et atteignaient 2,3 milliards $ et comptaient pour 22 pour cent de la demande nationale totale en vêtements.
Selon Statcan, ces progrès ont été rendus possibles par l’existence d’une main-d’oeuvre à faible coût ainsi que par la capacité des entreprises à tirer profit des compétences bien établies de l’ancienne colonie de Hong Kong en matière de finances et de marketing.
Inde et Mexique
On en parle moins, mais l’Inde et le Mexique ont aussi fait des percées sur le marché canadien depuis le début des années 1990. Entre 1992 et 2004, les importations de textiles en provenance de l’Inde sont ainsi passées de 52,8 millions $ à 213,8 millions $. La valeur des vêtements achetés dans ce pays a triplé pendant ce temps pour dépasser les 400 millions $.
Le Mexique a pour sa part vu sa part des importations de textile quintupler. Après avoir progressé de 40 pour cent par an entre 1992 et 2001, les importations de vêtements fabriqués dans cet Etat ont légèrement ralenti ces dernières années.
A l’instar de l’industrie nationale, les Etats-Unis ont perdu des plumes dans le marché canadien depuis six ans. Leur part des importations totales de textiles, qui était passée de 53 à 62 pour cent entre 1992 et 1999 est retombée à 53 pour cent l’an dernier.
Le même phénomène s’est produit dans le secteur du vêtement. Depuis 1998, la part américaine des importations a chuté de 20 pour cent à seulement 9 pour cent.
Le pays demeure néanmoins le premier exportateurs de vêtements au Canada, devant la Chine et le Bengladesh.
AMICa: “Quand un gouvernement entraîne volontairement son peuple à la misère, rien d’étonnant ensuite que ce dernier se révolte.” L’élimination des barrières tarifaires dans le domaine du textile ne peut qu’entraîner que le chômage et l’insécurité. Ils le savent mais ne font rien. Ils admettent publiquement que la situation sera catastrophique d’ici la fin 2005, et qui si rien n’est fait, des milliers d’emplois seront perdus au pays. En Beauce, on prévoit près de 10 000 pertes d’emplois associés au textile. Une catastrophe !




