Non seulement les immigrants en provenance des États-Unis seraient deux fois plus nombreux depuis 2001, mais ils formeraient aujourd’hui le groupe le plus instruit parmi les nouveaux arrivants au Canada.
Ce groupe forme une proportion minime de nos récents concitoyens, mais il pourrait avoir un impact significatif au pays, juge Jack Jedwab, directeur général de l’Association d’études canadiennes (AEC), au terme d’une enquête dont La Presse a obtenu le rapport. «C’est mineur vis-à-vis de l’ensemble de l’immigration au Canada, mais ce n’est pas mineur pour ce qui est du type d’immigrants qui arrivent. Cela peut avoir un impact relatif», juge M. Jedwab. (…)
En 2006, 10 942 ressortissants des États-Unis ont obtenu leur citoyenneté canadienne. Ils étaient 5 910 en 2001. De plus en plus prennent même le chemin du Québec: 1000 l’ont choisi en 2006, une hausse de 300 personnes qui lui a permis de supplanter l’Alberta à la troisième place de ce palmarès, après l’Ontario et la Colombie-Britannique.
Contrer l’exode des cerveaux
(…) Les Américains étaient le groupe le plus instruit parmi tous les nouveaux arrivants de 2006. Pas moins de 49,5% d’entre eux ont au moins un baccalauréat. Les Européens arrivent deuxièmes avec 46,8%. (…)
Canadian Dream
Comment expliquer que de plus en plus d’Américains décident de passer à l’action ? Deux raisons, selon le professeur de droit et spécialiste de l’immigration Peter Showler : d’abord, l’opposition à la politique de l’administration américaine, puis la facilité d’accès du processus canadien pour certaines personnes.
«Beaucoup de gens s’attendaient, après la réélection de George W. Bush, à ce qu’il y ait une mouvance vers le Canada de la part d’opposants à la politique américaine et à la guerre en Irak. Mais après cette élection, il n’y a à peu près pas eu d’augmentation dans les demandes d’immigration. Maintenant on en voit.»
Par ailleurs, «beaucoup d’Américains peuvent se qualifier comme citoyens canadiens, ajoute le professeur. C’est basé sur l’instruction, sur les habiletés de langage. Il y a des centaines de milliers d’Américains qui peuvent se qualifier.»
Jack Jedwab y voit en plus des raisons sociales et économiques, une sorte de Canadian Dream version post-2001. «La situation politique et économique est telle que certaines personnes peuvent trouver le Canada plus intéressant, hasarde-t-il. L’économie a été assez forte récemment… Il y a des belles occasions de réussite.»
source : La Presse





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