Robert Alison est docteur en zoologie et vient de publier un article intitulé: “Si le comportement criminel a une origine génétique, devrait-il être puni?”: (If criminal behaviour is genetic, should it be punished?)
Il fait référence à des tendances nouvelles dans l’explication du comportement humain. L’idée d’un “gène du crime” tend à progresser autant en science que dans les cours de justice. Déjà en 1907, rappelle l’auteur, Sir Francis Galton avait avancé la théorie de l’héritabilité des tendances criminelles. Après une longue éclipse, ce concept se voit confirmé par des études sophistiquées, bénéficiant des avancées en génétique et en biologie moléculaire.
Irving Gottesman, de l’Université de la Virginie, pose ainsi la nouvelle donne: “Les chances de devenir criminel ne sont pas égales à la naissance.”
L’Université Hébraïque d’Israël aurait déterminé la responsabilité du gène AVPR1, stimulant l’hormone arginine-vasopressine, dans la cause des comportements brutaux. Rose McDermott de l’Université Brown mit à jour le “gène guerrier”, responsable de l’agression en réponse à la provocation.
En 1995, une étude Danoise montra que les membres de sexe masculin dont les membres s’étaient engagés de manière répétée dans le crime, avait une mutation au niveau du gène monoamine oxydase-A (MAOA). Les recherches de Kevin Beaver confirmèrent que les garçons avec cette mutation étaient plus enclins à joindre les gangs de rue.
L’an dernier, le professeur de sociologie Guang Guo et ses collègues, ont montré que cette même variante du gène MAOA génère la délinquance violente. Une recherche à la Civic Research Institute suggère que le MAOA soit un gène dé-inhibiteur, dont la mutation rend les gens plus enclins à commettre des crimes.
Alison site aussi Debrah Denno de la Fordham Law School: “Beaucoup de gens qui commettent des homicides ont aussi des parents incarcérés”.
Sarnoff Mednick de l’Université de la Californie, confirme que les enfants adoptés dont les parents biologiques sont criminels, sont beaucoup plus susceptibles d’être criminels eux-mêmes, même si leurs parents adoptifs sont respectueux des lois.
Ces informations préliminaires indiquent que la plupart des comportements sont d’origine génétique. Citant Caitlin Jones de la Rochester Institute of Technology: “Il y a une composante génétique aux comportements criminels”.
À partir de ces données, l’article introduit un questionnement philosophique relativisant l’efficacité ou la légitimité de l’incarcération, voir même, la responsabilité du criminel. De plus en plus d’avocats demandent à ce que les juges admettent les évidences suggérant qu’un accusé était prédisposé à commettre des actes violents. Il s’agit de la défense ADN. Récemment, une cours italienne a réduit la sentence d’un individu accusé de meurtre, parce que ses gènes le prédisposaient à agir ainsi.
Cette tournure aberrante pour le sens commun, serait-elle utilisée comme alibi par Alison, pour faire passer une vérité politiquement incorrecte qui peut encore valoir l’ostracisme à celui qui la verbalise? Car le rôle de la génétique a été exclu dans une ère dominée par la tendance environnementale. Depuis la main-mise de l’école d’anthropologie boasnienne dans sa discipline, à partir des années 20, le milieu d’un individu devait être la seule explication retenue en science sociale. La défaite et la condamnation du nazisme, pour qui la génétique tenait un rôle important, confirma la suprématie de cette tendance anti-héréditaire.
Cet article est révélateur de la poussée de nouvelles théories beaucoup plus réalistes. Il leur reste à s’exprimer sans camouflage. Espérons qu’elles mèneront à la mise à la retraite des anciens paradigmes égalitaristes voulant que nous soyons une page blanche à la naissance. Pour l’instant, elles semblent devoir être utilisées pour perpétuer la déresponsabilisation des individus criminels, au détriment des collectivités d’honnêtes citoyens.





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