Les scènes d’émeute en Afrique du Sud nous étaient montrées presque quotidiennement dans les médias d’information, à l’époque de la lutte anti-apartheid des années 80. Il est reconnu d’ailleurs que les grandes chaînes américaines payaient quelques dollars certains des protestataires pour provoquer l’événement et que le flot d’images soit régulier. Elles furent remplacées par des images d’allégresse à la fin du régime proscrit, puis, quinze ans après le début de la “black rule”, c’est à nouveau les images de violences de rue et de répression policière.
Des émeutes sporadiques depuis plusieurs semaines se produisaient, mais Standerton (à 150km au sud-est de Johannesburg) fut l’épicentre d’une recrudescence qui s’étendit dans au moins quatre villes, marquée par environ 150 arrestations et blessant 20 personnes incluant un policier. La détérioration des services publics et la corruption en sont généralement les motifs.
À Dipesloot, un township de Johannesbourg, la police utilisa des balles en caoutchouc pour mâter des manifestations anti-pauvreté qui avaient tourné au vandalisme. Des résidents lancèrent ensuite des pierres sur les automobiles dans la soirée. Ils demandaient la démission de conseillers de quartier et l’allocation de maisons. On réclame aussi le départ du maire de Johanesburg Amos Masondo, un héros de la lutte anti-apartheid en place depuis 2001.
C’est 30 personnes qui furent arrêtées à Nelspruit, une ville située à 330 kilomètres de là, où des barricades avaient été érigées et une voiture de police incendiée près d’un stade qui doit servir à la prochaine coupe du monde de football. Les protestataires réclamaient les maisons promises après la disparition de leurs habitations pour la construction de l’installation sportive.
En bordure de Standerton, à Shakhile, ont réclamait la démission du maire et du conseil municipal accusé de corruption. Une bibliothèque de quartier fut détruite par les flammes.
Jacob Zuma, l’actuel président à la tête de la nation, avait promis d’accélérer la construction de maisons, de dispensaires et d’écoles, d’améliorer l’approvisionnement en eau courante et en électricité, tout en ayant la prudence d’admettre que la chose ne serait pas facile. Il demeure une figure respectée, surtout auprès des populations pauvres, et ce malgré un procès pour viol et des accusations de corruption contre lui. Mais la population porte sa colère sur d’autres responsables de l’ANC, car la fin de l’Apartheid a enrichi les apparatchiks du parti, alors que les conditions de vie pour la population se sont dégradées.
Les temps sont durs! D’autant plus que les gens ne sont plus payés pour faire la casse.





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