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Hommage à Falardeau

September 28th, 2009 · Post your comment (No Comments)

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Altermedia se dissocie de la Fédération des Québécois de Souche. Néanmoins, nous avons, par le passé, publié certains textes de son fondateur. Aujourd’hui, nous le faisons, car nous croyons que le message doit être passé, comme à l’époque de la Commission Bouchard-Taylor sur les pratiques d’accomodements raisonnables. Maxime Fiset a écrit ce texte sur Stormfront, à l’adresse suivante :

http://www.stormfront.org/forum/showthread.php?p=7381903#post7381903

Voici le texte.

Les Québécois sont pareils à une vieille souche battue par la neige et la chaleur. Insensible au temps qui passe et aux guerres qui les entourent, ils ont créé, dans un continent anglo-saxon, une petite nation tranquille, comparable en tout point aux Hobbits de J.R.R. Tolkien. De par leur amour de la terre et de ce qui pousse, leur propension à abuser des bonnes choses, telles l’alcool et la nourriture, la pipe et le repos ainsi que par leur infatigable travail, les ancêtres de notre peuple ont jeté en Amérique les racines d’un arbre quadri-centenaire dont les branches ne cessent de s’étendre et de rayonner partout dans le monde.

Il était un temps où chaque colon français ou Bas-Canadien pouvait aspirer à écouler des jours simples et paisibles en œuvrant sur un petit lot de terre, même si celui-ci ne devait jamais lui appartenir pleinement. Le régime seigneurial, fut-il français ou anglais, n’a jamais laissé à nos pères la possibilité de posséder le sol où ils s’acharnaient à travailler sans relâche, comme de véritables « nègres blancs d’Amérique ». Néanmoins, ils ont réussi à en faire une contrée sublime, jalonnée par son propre héritage. Qui, en effet, n’a jamais croisé, sur sa route, une des fameuses croix de chemin qui marquent les routes des petites communautés du Québec?

Une époque plus sombre marqua la vie de nos ancêtres. Les guerres étrangères furent à notre porte, pour servir, par honneur pour certains, obligation pour d’autres, la métropole britannique et sa couronne. Des guerres fratricides durant lesquelles, au nom d’un nationalisme obstiné, des milliers de Canadiens, français ou anglais, périrent, combattant leurs propres cousins germains.

Ce même nationalisme obstiné (quoique pas nécessairement injustifié) poussa les masses, à la sortie d’une « grande noirceur », à se lever et à se tenir face à l’oppression. Ces nouveaux maîtres, la cupidité, déguisée en démocratie, nous les imposa, sous le symbole de l’argent de papier et, plus tard, de l’argent virtuel. Entre temps, certains tentèrent de lutter, comme leurs ancêtres patriotes qui voulaient rendre aux Canadiens ce qui devrait être leur. Ces gens, aujourd’hui, vivent toujours, après la prison ou l’exil. Ils sont les Rose, Lortie, Carbonneau et Lanctôt, qui s’opposèrent à la tyrannie capitaliste par les armes et la violence. Encore une fois, les patriotes échouèrent.

Aujourd’hui, une nouvelle menace pèse sur le Québec.

Il s’agit d’une menace que la souveraineté ne pourra pas anéantir. Il est en effet, aujourd’hui, plus reluisant de prendre son envol vers le ciel de Floride que de creuser, les deux mains dans la « marde », pour trouver la trace de nos racines. Cette menace, c’est l’individualisme. C’est l’insouciance. C’est l’irresponsabilité,  l’hédonisme malsain. Les Québécois, aujourd’hui, ne sont pas différents des États-Uniens ou des Anglais que nous avons accusé, depuis des siècles maintenant, d’être la source de notre mal. Aujourd’hui, notre peuple est malade.

Malade de consommation. Malade de sensationnalisme. Malade d’égoïsme.

Notre maladie, c’est l’indifférence.

Personne ne s’est rallié, en 1837, derrière ces fermiers qui levèrent la fourche et le fusil pour renvoyer les Anglais chez-eux.

Personne ne s’est soulevé, en octobre 1970, pour appuyer les quelques personnes qui faisaient sacrifice d’eux-mêmes, en risquant leur vie, pour défendre le Québec de la façon qu’ils jugeaient la plus nécessaire, voire efficace.

Notre maladie, c’est que nous ne savons plus qui nous sommes. Nous n’avons plus les moyens de nous reconnaître en tant que nation. Nous sommes divisés par les plus riches et les plus gras, et nous récoltons les miettes de leur aisance en croyant qu’il s’agit là du mieux que nous puissions avoir. Divisés pour mieux être dirigés. S’il est vrai que les Québécois sont nés pour un petit pain et qu’ils aspirent à la simplicité, il est écœurant qu’une Télévision au Plasma soit désormais le nouveau symbole de bonheur au sein des nôtres.

Les Québécois sont paresseux, c’est vrai. Nous sommes aussi douillets et gentils. Nous sommes simples et bons, nous n’haïssons personne, nous n’en sommes simplement pas capables. Nous aimons nos petites vies et nous voulons partager notre bonheur avec la planète entière.

Mais aujourd’hui, nous devons nous rendre à l’évidence ; notre mode de vie mène tout droit à notre mort.

La cigarette, la sédentarité, l’excès d’alcool, la drogue, la malbouffe, l’usage trop fréquent de la voiture, le capitalisme sauvage, l’immigration ouverte et le complexe du « petit peuple » seront les clous de notre cercueil. Et le trou pour nous y enterrer, nous le creusons un peu plus tous les jours, petit à petit, lentement mais sûrement. Si lentement que personne ne semble se rendre compte qu’il s’agit ici d’une fosse commune assez grosse pour y balancer nos cadavres et toute notre histoire, tout notre héritage, nos mœurs, nos valeurs communes et notre esprit national.

Certains Québécois ont compris. Impuissants devant « la bête », ils se résignent, simplement, à faire des films et à créer de la polémique. Vous l’aurez bien compris, ce texte est mon hommage très personnel à Pierre Falardeau. Il l’aurait désavoué totalement, il aurait chié dessus. Nous ne menions pas le même combat. Nous ne l’aurons jamais mené. Quand je me croyais souverainiste, je n’avais en vue qu’une fraction de l’image. Aujourd’hui, quand on me demande si le Québec doit se séparer du reste du Canada, je réponds :

« Pas maintenant en tout cas. Ultimement, c’est par contre inévitable. »

À tous ceux qui déjà me maudissent pour cet affront au grand homme que fut Falardeau, j’adresse un dernier commentaire avant de clore le document Microsoft Word qui me sert de dactylo anachronique.

Je vous souhaite bonne chance. Si le chemin que vous avez choisi s’avère être le bon, j’espère m’en rendre compte avant qu’il ne soit trop tard. D’ici là, sachez que nous ne sommes pas ennemis. Nous avons tous, à cœur, profondément, les intérêts de notre belle nation de Hobbits francophones. Nous avons seulement notre moyen bien propre de lutter pour sa survie.

Mes sincères condoléances à tous les Québécois.

Maxime Fiset
Fondateur et ex-webmaster de la Fédération des Québécois de Souche
Militant pour le Québec

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Tags: Asides · General

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