Depuis le 31 août dernier, une missive officielle du département de la sécurité intérieure des États-Unis autorise les douaniers américains à saisir, copier et détenir tout matériel électronique et informatique transitant par les frontières du pays, et ce sans soupçon préalable pour justifier leur geste.
Les Américains devraient se sentir « honorés » que leur gouvernement tienne leur sécurité en si haute importance qu’il se sente obligé de forcer les touristes à dévoiler toutes leurs informations virtuelles. En effet, la vie privée de millions de personnes n’a aucune valeur lorsqu’il s’agit de protéger la constitution états-unienne, charte qui, de son premier amendement, défend pourtant le droit à la liberté de penser et de s’exprimer. Cette même constitution n’a en fait été que renforcée par le « Patriot Act » de George W. Bush qui autorise la surveillance et l’interpellation de tout citoyen américain et, ce, sans motif raisonnable, au nom de la lutte au terrorisme.
C’est d’ailleurs pour cette « noble » cause que le gouvernement américain a désormais donné totale autorité aux douaniers sur le matériel informatique des gens qui traversent « la ligne ». Il est en effet tout à fait certain que les pédophiles conservent leurs photos d’enfants violés sur le bureau de leur PC ou dans la carte mémoire de leur appareil photo. Il est d’autant plus certain qu’un douanier est habilité à infiltrer une partition informatique cryptée, telle que celles utilisées par les principaux réseaux terroristes. Ainsi, puisque les honnêtes gens ne semblent pas ciblés par cette missive, il n’y a aucune raison de s’imaginer, de quelconque façon, qu’un gouvernement aussi démocratique et transparent que celui de cette puissance occidentale puisse désirer attenter aux idées et aux messages qui circulent dans le pays.
Quelle sera la prochaine étape? Interdire certaines formes de liberté d’expression sous un prétexte de sécurité nationale? Emprisonner d’honnêtes Américains de la même façon que de vaillants Canadiens tels que Terry Tremaine, Bill Noble et Maxime Fiset ont été emprisonnés pour avoir osé affirmer leurs idées sur Internet?
Seule l’avenir nous le dira.
« Le crime de penser n’entraîne pas la mort. Le crime de penser est la mort. Maintenant qu’il s’était reconnu comme mort, il devenait important de rester vivant aussi longtemps que possible. »
- George Orwell





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