Gore Vidal est une figure légendaire de la scène littéraire américaine et largement estimé comme essayiste en particulier. On peut reprocher beaucoup de choses bien-entendu à ce pédéraste mondain, lui qui se dit optimiste quand Obama fut élu. Mais dans sa dernière entrevue, alors qu’il doit être déplacé dans une chaise roulante à 84 ans, il réaffirme des opinions qu’il exprima déjà dans divers ouvrages et qui sont à contre-courant de la pensée dominante et politiquement correcte.
Il ne croit pas du tout que le 11 septembre fut provoqué par la haine des Arabes pour nos libertés. Ce sont plutôt croit-il les agressions de l’Impérialisme américain contre eux qui suscita leur colère et leur riposte, parlant de crimes au Moyen-Orient, sans oser nommer Israël cependant. Il soupçonne de plus George W. Bush d’être dans le coup.
Il blâme Franklin Roosevelt d’avoir engendré cette Amérique impériale, avec son entrée dans la Seconde Guerre Mondiale et la politique du New Deal. De cette “expérience américaine”, il prophétise l’échec. L’Amérique se destine à se situer “quelque part entre le Brésil et l’Argentine”. Ruinée, elle sera le fardeau de l’homme jaune, quand les Chinois auront rappelé sa dette, ses habitants seront alors réduits “à mouvoir leurs pousse-pousse ou quoique ce soit qui leur serve de moyen de transport”. Même militairement, la nation s’effondrera en Afghanistan.
L’interviewer, voulant mettre à l’épreuve cette vision d’une Amérique toujours à l’attaque, fut mit au défi d’évoquer un cas où elle fut directement attaquée et avait raison de se porter contre l’ennemi. Le mieux qu’il trouva fut Pearl Harbor. L’interviewé était imprenable sur ce flanc! Même contre le Japon Gore Vidal considère Roosevelt comme l’agresseur. Il fit tout pour provoquer l’Empire nippon, comme cet ultimatum réclamant son retrait de la Chine qu’il essayait de conquérir depuis des années. “Et la première chose que nous apprenons, la flotte appareille vers Pearl Harbour.” Il l’accuse d’avoir su à l’avance que la fameuse attaque aérienne aurait lieu, mais de s’être gardé de faire quoi que ce soit, sachant que le sang versé justifierait la guerre qu’il voulait.
Vidal développa une correspondance avec Timothy McVeigh, l’auteur de l’attenta d’Oklahoma City en 1995. Il le déclare sain d’esprit, “trop sain pour ce lieu et cette époque”. Il recommande de lire ses écrits dédiés à la Constitution et “l’American way”, qu’il dit très bons. Son acte était en réponse à l’action du gouvernement à Waco qui utilisa son armée contre le peuple américain, ce qui est proscrit par le Posse Comitatus Act de 1876. 76 personnes y furent tuées, dont plus de 20 enfants, en 1993 à la suite du siège contre la secte des Davidiens. En menant une guerre juste et de principe en faveur de la Constitution, il doit être mis sur le même pied que “Eisenhower” ou “Patton”.
Icône des droits homosexuels oblige, et l’âge aidant sans-doute, Vidal ne sera pas ostracisé ou inquiété par ses propos. Il s’agit donc d’une occasion où une pensée à peu près libre atteint le publique. Sa lucidité demeure intacte et le pousse d’ailleurs à déchanter sur Obama, qu’il dit être submergé et incompétent.
http://www.independent.co.uk/news/world/americas/gore-vidals-united-states-of-fury-1798601.html





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