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Du progressisme au turban : Québécois et… sikh

July 1st, 2007 · Post your comment (No Comments)

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progressikh.jpg De plus en plus de sikhs abandonnent le turban pour mieux s’intégrer au monde occidental. Shabad Saroop Singh Khalsa, lui, a fait le contraire. Québécois pure laine (surtout colonisé de l’esprit !) , il s’est converti au sikhisme, rejoignant ainsi les quelque 15 000 sikhs de Montréal.

Demain après-midi, la communauté célébrera l’été avec le Rangla Punjab Mela, un gros party qui se tient au parc Angrignon. Loin du kirpan et de la tragédie d’Air India, Actuel en profite pour faire le point sur cette minorité pour le moins visible…

En général, ça se passe dans le sens inverse. Un sikh abandonne le turban pour mieux s’intégrer au monde occidental. Mais Shabad Saroop Singh Khalsa lui, a fait le contraire. Il y a 25 ans, ce Québécois pure laine a décidé de se convertir au sikhisme.

«Cela s’est fait graduellement, raconte-t-il. Je militais dans des groupes pour la paix quand j’ai fait la connaissance de Yogi Bhajan, à travers un de ses disciples. Yogi Bhajan était un maître du yoga kundalini et un sikh bien connu. Je faisais déjà du yoga.
Mais ma rencontre avec lui a été déterminante. J’avais des questionnements existentiels. Il avait des réponses. Ça m’a accroché.»

La conversion de Shabad ne s’est pas faite du jour au lendemain. Il lui a fallu deux ans avant de faire le saut. Petit à petit, il est devenu végétarien. Puis il a cessé de se couper les cheveux. Enfin, il s’est mis à porter le turban. En 1983, il a finalement reçu le baptême sikh, consacrant son entrée officielle dans une religion qui a bien peu à voir avec le catholicisme. Pour Shabad, 27 ans, la quête existentielle venait d’aboutir.

«Plus j’apprenais sur la discipline et les fondements du sikhisme, plus je trouvais que c’était une pratique spirituelle qui avait du sens, explique celui qui préfère taire son vrai nom de naissance. J’étais critique envers la religion catholique. Le sikhisme m’est apparu comme une religion plus précise, plus développée et plus fonctionnelle au niveau pratique.»

N’allez pas croire que la chose s’est faite sans heurts. «Mes parents l’ont accepté difficilement, souligne Shabad. Ils voyaient ça comme un rejet de ce qu’ils représentaient. Notre relation s’est refroidie… jusqu’à la naissance de ma fille. Là, ça s’est tassé…»

Pour le reste, M. Khalsa semble avoir négocié son virage spirituel avec bonheur. Depuis son baptême, il ne boit plus, ne fume plus et ne mange plus de viande. Quand on lui parle d’une bonne Labatt 50 bien fraîche, il hausse les épaules. La religion sikhe, selon lui, offre amplement de quoi compenser. «La seule chose dont je m’ennuie un peu, ce sont les oeufs !» ajoute-t-il en souriant.

Seul à Montréal

Il y aurait entre 3000 et 4000 sikhs convertis dans le monde. La plupart vivent aux États-Unis, en Inde ou au Canada anglais. Mais à Montréal, M. Khalsa est, comme qui dirait, un cas unique.

«Les sikhs d’origine indienne me voient comme un original, lance-t-il. Mais je ne sens pas de rejet. Ce sont des gens naturellement invitants. Et puis, ils me respectent, parce que j’ai eu le courage de porter le turban, alors que beaucoup d’hommes ont tendance à l’abandonner.»

Cela dit, l’intégration a ses limites. Bien qu’il soit connu de tous les sikhs montréalais, Shabad se considère en marge de la communauté. Peut-être partage-t-il la même religion, mais la barrière de la langue et les différences culturelles restent difficiles à transcender.

«Certains pensent que je ne peux pas être un sikh, lance-t-il…. C’est vrai que je ne parle pas punjabi. Mais je suis plus pratiquant et plus orthodoxe que la plupart d’entre eux !»

À l’entendre, ce n’est guère plus facile avec les Québécois de souche. Depuis qu’il porte le turban, de fait, Shabad a goûté à l’agressivité, au racisme ou à la xénophobie. «Du jour au lendemain, je suis passé de pure laine à immigré, résume-t-il. Il a même fallu que je me plaigne à la Commission des droits de la personne pour qu’on accepte ma fille dans un collège privé. Ils ne voulaient pas de son turban…»

Plus complètement québécois et pas tout à fait indien, Shabad vit quelque part entre deux mondes. Cofondateur de l’Institut Yoga et Méditation (www.yogamontreal.net) et patron d’une fabrique de meubles, il assume complètement son statut un peu spécial. Mais avoue se sentir parfois «seul de sa gang».

C’est pourquoi, une ou deux fois par an, il va retrouver d’autres Occidentaux qui, comme lui, sont entrés dans le sikhisme par la porte du yoga. Certains sont d’anciens hippies, d’autres des explorateurs mystiques. Mais tous ont ceci en commun : ils ont trouvé dans cette religion une discipline du corps et de l’esprit.

Le plus intéressant, c’est que leurs enfants suivent leurs traces. À 14 ans, la fille de Shabad a carrément choisi de quitter Montréal pour étudier en Inde dans une école de convertis axée sur le développement spirituel.

Voudra-t-elle un jour, comme tant de jeunes sikhs, abandonner son turban ? Shabad ne s’en inquiète pas. «Même si ça arrivait, que veux-tu que je dise ? Elle a le droit de faire ses choix, comme j’ai fait les miens… De toute façon, même si elle ne pratique plus la religion sikhe, je suis convaincu qu’elle en garderait les valeurs pour le reste de sa vie…»

source : cyberpresse.ca

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Tags: Identité / Identity

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