
Laïcisation de gauche ou désacralisation sioniste
Christophe Bastien
En janvier dernier, le Ministre de l’Éducation du Québec, et ancien recteur de l’Université de Sherbrooke, Pierre Reid, annonce en grande pompe la création d’un programme spécial visant le rapprochement des communautés ethniques au niveau scolaire. Près de 3 mois après sa mise en application, le ministre donne le ton en nous annoncant que dorénavant écoles privées juives du Québec seront subventionnées à 100%. C’est la consternation !
Avant tout, ce programme ne visait en rien l’intégration des autres confessions religieuses. Elle ne s’adressait – manu militari – qu’à celle issue d’une minorité agissante. Alors que les écoles privées laïques et religieuses – catholiques et protestantes – qui représentent la majorité ne sont subventionnées jusqu’à concurrence de 60% au Québec, il devenait évident au fur à mesure que le temps s’écoulait que ce pitoyable programme risquait de perdre des plumes. Pire, le gouvernement s’enlisait dans ses faux-propos et la contestation s’amplifiait à vive allure. Mais qu’elle ait été aussi forte, ça personne ne pouvait s’y attendre.
Nos élus, croyant peut-être en passer une petite « vite » à la population dans la période des Fêtes, ont appris que rien n’est garant d’avenir et que pour leurs sbires rien n’était gagné d’avance. Le gouvernement Charest s’est donc vu donner une petite leçon de « real politic ». Force était de constater que le plus surprenant dans cette affaire était justement que cette affaire ait été mise au grand jour.
Récapitulons sur les événements !
Dès le premier jour de l’annonce, c’est le désarroi. Les fiers tenanciers de la laïcité mur à mur, croyant avoir réussis à éradiquer les « bondieuseries », c’est à dire l’enseignement confessionnel, constatent que ceux qu’ils croyaient leur alliés – lire la communauté juive – s’étaient joué d’eux. À partir de ce jour, toutes les « lignes ouvertes » au grand public, toutes les tribunes libres et forums de discussion monopolisèrent le débat public. Du jamais vu, les sondages donnaient un niveau désapprobation record, vis-à-vis ce cas flagrant de favoritisme, frôlant 99%. Une question se posait donc d’emblée : « Le Québec serait-il devenu Antisémite ? ».
Dans la tête d’un « martyrologue professionnel », cette question ne se posait pas. Pour mieux dire, à voir la multiplicité des « pains » de la contestation publique venir de toute part, notamment des syndicats, des institutions scolaires privées et publiques, sans oublier les associations de parents protestants et catholiques littéralement laissés pour compte, et plus paradoxalement encore, les mouvements pour la laïcité scolaire trahis, la soupe devenait trop chaude. Car chacun avait son mot à dire, chacun avait aussi sa raison de refuser l’inacceptable, la démocratie « parlait ». Il ne va pas sans dire que le réveil fût brutal pour notre premier ministre, mais pas autant qu’il ne le fût pour les dirigeants de l’association demanderesse, CJA – Combined Jewish Appeal – ou Appel Juif Unifié -, cette dernière continuait à en remettre face à ce soubresaut de contestation populaire. Leur président, monsieur Alain Abitbol, persistait et signait à l’effet que la subvention n’avait aucun rapport à l’enseignement religieux mais à l’intégration de leur communauté. Hélas pour eux, soit moins de 1% de la population québécoise, et cela moins d’une semaine suivant l’annonce du ministre, le gouvernement cède et recule.
Il va s’en dire que ce fût une belle victoire populaire envers et contre le trafic d’influence (lobbying) et pour ainsi dire contre une minorité influente… du rarement vu dans notre Canada et Québec multiculturel ! Mais le mal ayant été fait, nos amis juifs furent quand même « kit » pour une année entièrement subventionnée sous le prétexte qu’on enlève pas ce qu’on a déjà donné. dommage !
Affaiblir les uns pour renforcer les autres : un jeu de coulisse ?
Il y a quatre ou cinq ans environ, le gouvernement antérieur du Parti Québécois , adoptait en chambre ce fameux projet de loi qui faisait du système scolaire du Québec, un système scolaire linguistique et de facto non confessionnel. Sans changer quoi que ce soit au ratio des écoles françaises et anglaises, c’est au niveau de l’enseignement religieux que tout se jouait. L’enseignement religieux catholique et protestant était désormais aboli et devint une confession comme une autre. Il revenait dès lors de la responsabilité des parents de transmettre une enseignement religieux. En revanche, il n’y avait pas que du mal et c’est d’ailleurs comme ça que la réforme fût présentée. Pour le commun des mortels, la laïcisation permettait de corriger certaines aberrations qui brimaient tantôt les anglophones catholiques d’enseignement dans leur confession, faute du nombre dans leur localité, principalement chez les Irlandais catholiques, et tout autant vrai pour une certaine proportion de francophones privés de service dans leur confession protestante.
Ceci étant dit. Pour des fins électoralistes et stratégiques, le gouvernement de l’époque justifiait sa politique pour calmer une psychose créée de toute pièce dans les médias envers l’anglicisation fulgurante de la Métropole. Sans pourtant dire, toutefois, que la conséquence directe était bien la politique migratoire incontrôlée des trente dernières années . Dans les faits, on comprend bien que ceci n’était pas l’effet escompté, que la langue n’était pas le réel « leitmotiv » mais un simple prétexte « un peu plus vendeur » pour « désacraliser » encore davantage le Québec. A vrai dire, il fallait « correspondre » à la sacro-sainte « Nouvelle Réalité québécoise » qui se veut « Ouverte sur le monde ».
Pour les chantres de la laïcité « à tous les coins de rue », ce fût une grande victoire sur l’obscurantisme rétrograde. Les souverainistes les plus convaincus, tel Pierre Bourgeault, furent appelés à la barre pour témoigner en faveur de la réforme. Cette fois-ci, et comme souvent d’ailleurs, les laïcistes et souverainistes étaient tous « main dans la main ».
La loi fut donc votée et adoptée avec l’assentiment favorable d’ottawa.
Un puissant lobby qui veut nous gouverner tous !
L’une des conséquences directes de cette nouvelle politique d’État fût une laïcisation mur à mur, ça on le savait déjà. Suppression des symboles religieux dans les édifices publiques, éradication de la prière matinale dans les écoles et autres lieux publics, même la prière protocolaire fût troquée par un « moment de silence ». Cette inquisition ne s’est pas arrêtée là, on a poussé la folie jusqu’à éliminer tout caractère religieux aux Fêtes de Noël. L’arbre de Noël devint alors un symbole « fasciste » et ses cantiques de la « propagande haineuse ».
Coup de théâtre en mai 2002, un conseiller municipal, Marvin Rotrand, à la ville de Montréal qui se définissait comme juif non-croyant, en tout cas au moment des faits, faisait campagne auprès de la mairie pour que le crucifix qui surplombe la salle du conseil de l’hôtel de ville soit enlevé. Selon lui : « le crucifix laisse croire que la croyance catholique est plus importante que les autres croyances religieuses » .
Les réactions furent nombreuses au point tel que le débat fût remis à la fin de l’année. Dans cette foulée de laïcité, personne n’aurait pu imaginer que la « décrucifixion » de la mairie de Montréal soulèverait autant de passion, la question devint « identitaire ». Déjà on pouvait sentir un malaise, car symboliquement mais sûrement, on rejetait l’histoire religieuse du Québec sans trop se poser de questions. Plusieurs ont vu anguille sous roche, et avec raison.
Quelques mois plus tard, soit en septembre 2002, on apprend que ce même conseiller était directement impliqué dans une affaire pour le moins douteuse qui le lie à CJA. Ce même organisme impliqué dans le trafic d’influence des écoles privées juives. Dans le stipulé, on propose à ce que les séances du conseil d’arrondissement soit tenu dorénavant à la Maison Cummings (propriété de Fédération CJA). Bizarre pour un non-croyant ? Bref, CJA militait d’un côté à laïciser (sic) désacraliser le système d’éducation pour en fin du compte le « resacraliser » pour leur propre compte.
CJA se trouve enfin seul dans la défaite, après avoir soudoyer à la caisse du parti Libéral plus de 750 000$ dans le but de s’attirer les largesses du pouvoir, ces fameuses subventions à leurs écoles. A partir d’aujourd’hui, les Québécois auront peut-être été sacrés « antisémite », au prix d’avoir été « désacralisés » à part entière, mais auront au moins prouvé aux tireurs de ficelles qu’on s’en laisse pas passer des aussi faciles.
Pour conclure sur cette affaire, bien que nous devons prôner une laïcité militante», il faut bien admettre qu’ici, qu’on s’est joué de nous, qu’on nous a supprimé d’un droit fondamental et historique. Ceci se traduit dans les faits par un rejet sans équivoque sur plus de 400 ans d’histoire catholique et française en Nouvelle-France au profit de quelques groupes étrangers influents et peu scrupuleux mais qui ont les mains longues dont une en particulier…




