Extraits du récit de l’enterrement de Mgr.Lustiger par le quotidien La Croix :
“D’un bloc, personnalités juives et membres de la famille s’avancent sur le parvis de Notre-Dame, autour du cercueil du cardinal Jean-Marie Lustiger. Un minyane, le groupe d’au moins dix hommes juifs, nécessaire à toute prière dans la tradition israélite.
La voix d’Arno Lustiger, l’historien, cousin de l’ancien archevêque de Paris, entonne alors en araméen le kaddish, la prière juive du deuil.
Ce geste traditionnel des familles juives, le cardinal l’avait expressément voulu. « C’est un moment historique », confie à La Croix Richard Prasquier, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), saluant ce geste inédit à Paris : une prière juive sur le parvis de la cathédrale, pour un cardinal de l’Église romaine, né Aron Lustiger.
« Je suis né juif. J’ai reçu le nom de mon grand-père paternel, Aron. Devenu chrétien par la foi et le baptême, je suis demeuré juif comme le demeuraient les Apôtres » : ces phrases du cardinal formeront bientôt une plaque commémorative installée dans la cathédrale.
Ce kaddish touche aussi Gérard Benkemoun, trésorier de la synagogue de Montreuil, venu comme des milliers d’autres sur le parvis, avec sa femme. « Le cardinal Lustiger venait chaque année à la commémoration de la rafle du Vel d’Hiv, et il disait le kaddish pour sa mère morte en déportation, se souvient-il. Jean-Marie Lustiger a toujours réclamé sa condition de juif. Moi, je suis venu par respect pour lui. Sa vie est étonnante : je peux vous dire qu’il y a trente ans, dans la communauté juive, on ne pensait vraiment pas qu’il irait si haut dans l’Église catholique. »
Et pourtant, vendredi 10 août, ils étaient 16 cardinaux venus du monde entier – dont le cardinal Paul Poupard, représentant personnel de Benoît XVI –, plus de 70 évêques, 500 prêtres dont beaucoup avaient les larmes aux yeux…”




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